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postheadericon Le Poète

www.napoleon-peyrat.com Napoléon Peyrat PortraitIl est d'authentiques poètes dont la renommée n'a jamais pu franchir le seuil qui consacre les grands noms de la littérature. Napoléon Peyrat est de ceux-là. Non qu'il soit un inconnu, puisque son œuvre lui a valu quelque célébrité et qu'elle est maintenant rééditée. Mais sa poésie reste encore largement méconnue, alors qu'elle mérite d'être redécouverte dans sa fraîcheur, sa ferveur et sa diversité.

Il a partagé pendant une dizaine d'années à Paris la vie de Bohême et l'enthousiasme de la jeune génération romantique, et dès 1833 publie sous le nom de Napol le Pyrénéen un poème épique, Roland, qui fait forte impression, notamment sur Victor Hugo (qui n'a publié alors que les Odes et Ballades, les Orientales et les Feuilles d'automne), et qui par son inspiration et son style semble annoncer la Légende des siècles.

Depuis sa jeunesse il n'a cessé d'écrire des poèmes, mais il ne les publiera que sur le tard en trois recueils : L'Arise (1863, où est levé l'anonymat de Napol), La Grotte d'Azil (1874) et Les Pyrénées (1877). Sous ces titres délibérément régionaux, il veut offrir au public, comme il s'en explique dans la préface du dernier recueil, les matériaux d'une vaste épopée poétique qu'il voulait intituler Occitania. Bien qu'il ait écrit surtout en français, il est reconnu comme mainteneur du Félibrige par Frédéric Mistral, et comme inspirateur par les "félibres rouges", Auguste Fourès et Louis Xavier de Ricard.

Autour d'une vision centrale qui exalte la "patrie romane", ce sont en fait des thèmes très variés qui font la matière de ses poèmes, parfois truffés d'allusions à l'Antiquité classique ou orientale, à la Bible, à de nombreuses traditions historiques ou particularités géographiques locales, parfois au contraire d'une limpide sobriété.

 

postheadericon Roland

par Napol le Pyrénéen

Mémorial de Roland à Roncevaux
Brèche de Roland
Brèche de Roland
Pas (Passage) de Roland
Mort de Roland
Mémorial de Roland à Roncevaux

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(Extrait)

Mais tu tombas, Roland ! - Les monts gardent encor
Tes os, tes pas, ta voix, et le bruit de ton cor,
Et, sur leurs cimes toujours neuves,
Ont, comme un Sarrasin, une nue en turban ;
La cascade les ceint et les drape, en tombant,
De l’écharpe d’azur des fleuves.

Nos pères, du soleil et du canon bronzés,
Sont morts aussi, mordant leurs vieux sabres usés,
Sur tous ces rochers de l’Espagne ;
Dis-moi, toi qui les vis, quand ils tombaient ainsi,
Étaient-ils grands, et grand notre empereur aussi,
Comme ton oncle Charlemagne ?

Ah ! si vers l’Èbre, un jour, passaient par Roncevaux,
Nos soldats, nos canons, nos tambours, nos chevaux,
Et nos chants tonnant dans l’espace,
Lève-toi, pour les voir, lève-toi, vieux lion :
Plus grande que ton oncle et que Napoléon,
Viens voir la Liberté qui passe.

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Le grand Châtaignier
Les Cévennes
Les Cévennes
Grotte du Mas d'Azil
Mort de Saül
Fauvette à tête noire
Grotte du Mas d'Azil
Ruines de Jérusalem
Grotte du Mas d'Azil
Grotte du Mas d'Azil
Les Cévennes
Le grand Châtaignier

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postheadericon Mort de Saül et Jonathan

II Samuel, ch. 1

(Extrait)

Jonathan, que ne suis-je avec toi dans la tombe !
Je t’aimais de ce tendre amour
Dont on aime une vierge ! Hélas, mon cœur succombe,
Et mon âme au désert avant l’aube du jour
Soupire comme la colombe !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

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postheadericon Ruines de Jérusalem

Psaume 75

(Extrait)

Nous as-tu rejetés, et ta main redoutable,
Ô Pasteur éternel,
Frappera-t-elle encor le reste lamentable
Des brebis d’Israël ?

Fouleront-ils longtemps ta gloire dans la poudre
Avec ton peuple saint ?
Laisseras-tu longtemps ton bras où dort ta foudre
Replié sur ton sein ?

Quand le monde du crime est le sombre repaire,
Ne nous délaisse pas,
Nous pauvres, nous proscrits, nous qui toujours, ô Père,
T’invoquons ici-bas !

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postheadericon L'oiseau du ciel

Un des premiers poèmes de Napoléon Peyrat, adressé à Béranger.

(Extrait)

Petit oiseau des vallons de l'Arise,
J'ai vu le jour près de l'antre pieux
Où sa cascade en écumes se brise,
Et se lamente aux tombeaux des aïeux.
Là, sous la roche, au nid de la colombe,
Dieu me nourrit d'harmonie et de miel :
Fils du désert, la foi meurt, le jour tombe,
Chante, dit-il, soupire, oiseau du ciel !

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postheadericon Le mendiant

Complainte

(Extrait)

Oui, le Sauveur sur notre triste terre
Revient parfois ;
On l’a revu sur un roc solitaire
Non loin de Foix.
Ah ! ce n’est pas le Juif-Errant farouche,
Car son œil bleu toujours prie, et sa bouche
Toujours sourit !
Prenez pitié de l’aveugle qui passe !
Pauvre en haillons, mendiant en besace :
C’est Jésus-Christ !

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postheadericon Le grand châtaignier

(Extrait)

12 mars 1869, 7 heures du soir, mort de mon père.

Il dort sous le grand châtaignier ;
Et l’arbre colossal le couvre tout entier
De son branchage circulaire.
Lui-même enfantelet le sema dans le sol
Pour qu’il pût ombrager sa tombe, parasol
Rond, vaste, immense, séculaire !

Le front sur sa racine, il dort !
Le genévrier glauque et l'ajonc aux fleurs d'or
Tout autour hérissent leurs armes.
La rose défleurie et, veuve au col penché,
La violette en deuil verse au sol desséché
Tout ce que son urne a de larmes.

Il fut Abraham de nos monts,
Le Booz gracieux des champs que nous semons,
Un homme des antiques âges.
Il naquit dans nos bois au berceau maternel,
Mais descendit bientôt au vallon paternel
Vers l'Arise aux plus doux rivages.

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postheadericon Ramiers

(Extrait)

Vois l’amoureux ramier et la tendre colombe
Revenus du midi sur l’aile du zéphyr :
Comme le feu du ciel, l’amour sur leur cœur tombe
Et l’embrase, empourprant leur gorge de saphir.
Leur gosier gémissant qui palpite et succombe
Semble une fusion de diamants d’Ophir.
Et l’œil ravi croit voir, en d’ondoyantes flammes,
Dans leurs brûlants soupirs, s’évaporer leurs âmes.

 

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postheadericon Fauvette

(Extrait)

La fauvette est de retour,
Car je viens d’entendre
Dans les bosquets d’alentour
Son chant vif et tendre.
J’ai cru même apercevoir
Son gentil chaperon noir,
Sa blanche bavette,
Au seuil de mon vert manoir :
Salut, ma fauvette !

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postheadericon La Grotte

(Extrait)

IX

Grotte de nos souvenirs pleine,
Pour dire ces combats, ces douleurs d'autrefois,
Il faudrait ta poitrine, il faudrait ton haleine,
Il faudrait le tonnerre immense de ta voix !
Roche, chante toi-même ! On dirait que ta bouche
Parfois semble ébaucher un bégaiement farouche ;
Balbutier, béante, en ses émotions.
O morne Niobé qui dans ton deuil tressailles,
O Rachel dont trois fois on fendit les entrailles,
Épanche sur tes morts et sur nos funérailles
Tes lamentations.

 

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postheadericon Les Cévennes

(Extrait)

Ô Lozère orageuse et sombre !
Géante des forêts qui te couronnes d’ombre,
Et de neige et de fleurs, sous un soleil de feu !
Mère aux flancs nuageux, tu pends à tes mamelles
Deux fleuves aux urnes jumelles,
Le Tarn fauve et bruyant, le Lot sonore et bleu !

Mais, ô Sinaï des Cévennes,
Ta cime épanche encor de plus fécondes veines ;
L’une un fleuve de foi dont la source est au ciel,
Jourdain mystérieux dont tes tribus bibliques
Habitent les bords symboliques,
Où s’abreuvent sans fin les bercails d’Israël !

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postheadericon Napoléon Peyrat et Montségur

Le Poète de l'exil

Château de Montségur
Château de Montségur
Château de Montségur
Château de Montségur
Château de Montségur
Château de Montségur
Château de Montségur
Château de Montségur
Château de MontségurCour intérieure
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Ce texte d'Annie Cazenave est sensiblement celui prononcé, entrecoupé des poèmes de Peyrat, lus par la voix d’airain d’Olivier de Robert, lors de l’Assemblée Générale des Amis de Napoléon Peyrat, le 7 août 2008, dans le temple des Bordes-sur-Arize.

Napoléon Peyrat  eut un destin curieux, celui du découvreur éclipsé par sa découverte. Qui, aujourd’hui, se souvient que si Montségur existe c’est grâce à lui ?

Parmi les files de touristes gravissant le sentier montant au château combien ont lu l’Histoire des Albigeois ?

Pièce-jointe:
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