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postheadericon Témoin de son temps

www.napoleon-peyrat.com Témoin de son temps L'Empire


Par son prénom, reçu à l'apogée du premier empire, il est déjà témoin de la légende napoléonienne qui court tout au long du XIXe siècle.

Au cours de ses études à Montauban, il sympathise avec Jean-Bernard Mary-Lafon, Eugénie et Maurice de Guérin ainsi que la jeune Athénaïs Mialaret, future épouse de Jules Michelet.

Dans les années 1830 il découvre à Paris le milieu de la bohême romantique, accueilli par Béranger, soumettant des vers à Lamartine et Hugo, rencontrant Sainte-Beuve, se liant avec Lamennais alors en rupture avec l'Église romaine.

Devenu pasteur à Saint-Germain-en-Laye, il évite de s'impliquer dans les débats qui agitent l'Église réformée entre orthodoxes et libéraux, et sa fonction lui impose un devoir de réserve face aux événements politiques.

Il noue une amitié avec Michelet, qui cite avec éloge ses travaux sur la révolte des camisards, et avec qui il partage une conception de l'histoire comme "résurrection" du passé, ainsi que des convictions républicaines.

Lors de la guerre de 1870 il est aux premières loges pour observer le siège de Paris par les Prussiens, et il rédige un Journal resté inédit jusqu'en 2009.

Dans les dernières années de sa vie, il est reconnu comme un chantre de la patrie occitane par les Félibres rouges languedociens, à l'égal de Frédéric Mistral chez les provençaux.

 

postheadericon Ses contemporains

 

Alphonse de Lamartine
Jules Michelet
Hugues-Félicité Robert de Lamennais
Pierre-Jean de Béranger
Victor Hugo
Eugénie et Maurice de Guérin
Charles-Augustin Sainte-Beuve
Athénaïs Mialaret
Jean-Bernard Mary-Lafon
Alphonse de LamartinePoète, prosateur, homme politique (1790-1869)

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postheadericon Journal du Siège de Paris par les Allemands - 1870

Préface d'André Encrevé

Professeur émérite d'Histoire Contemporaine à l'Université Paris 12 (Paris-Est)

A la suite d’une crise qui ne dure qu’une quinzaine de jours, le 19 juillet 1870 la France déclare la guerre à la Prusse. Celle-ci obtient immédiatement l’appui des quatre États d’Allemagne du sud : Bade, Bavière, Hesse et Wurtemberg. Cela modifie radicalement le visage de cette guerre. Il ne s’agit plus d’un guerre classique entre deux États qui, à l’issue de combats d’ampleur et de durée limitée, pourraient négocier une paix, désavantageuse certes pour celui auquel le sort des armes aurait été contraire, mais acceptable par les deux parties et ouvrant la voie à une réconciliation quelques années plus tard ; dont la guerre austro prussienne de 1866 offre d’ailleurs un exemple (1). Il s’agit désormais d’une guerre entre deux nations qui vont se livrer à lutte sanglante, longue, difficile parce que le sentiment national entre en jeu et que ce ne sont plus seulement deux armées, mais aussi deux peuples qui s’affrontent. Le déroulement de la guerre le montre rapidement : le 2 septembre 1870, après la capitulation de Sedan, la plupart des observateurs étrangers concluent que la France n’est plus en état de vaincre l’Allemagne. Pourtant, la guerre va encore durer jusqu’à la fin du mois de janvier 1871 parce que, les 19 et 20 septembre 1870, lors de l’entrevue Ferrières entre Bismarck et Jules Favre, Bismarck réclame la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine sans consultation de la population de ces régions, ce qui est inacceptable pour le sentiment national français. Et c’est seulement lorsque la France est à bout de force qu’elle se résigne à céder l’Alsace Moselle à l’Allemagne. Mais la volonté allemande d’annexer ces territoires sans faire de plébiscite, interdit toute acceptation réelle par la France des clauses du Traité de Francfort (10 mai 1871), qui met fin à la guerre. Elle interdit donc toute réconciliation franco-allemande, même à long terme, et induit une tension internationale permanente en Europe continentale, qui se révèlera l’une des causes fondamentales de la Première Guerre mondiale.

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Journal du Siège de Paris par les Allemands - 1870
Prince Freidrich III
Le Siège de Paris
Saint-Germain en Laye - Pavillon Henri IV
Bataille du Four à Chaux
Allemands stationnés au Mont-Valérien
Journal du Siège de Paris par les Allemands - 1870
Journal du Siège de Paris par les Allemands - 1870© Archives des Yvelines

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postheadericon Extrait du Journal du siège de Paris par les Allemands

19. Eugénie

Eugénie a adressé au roi de Prusse une lettre moins éloquente mais plus évangéliq[ue] q[ue] celle de l’Évêque d’Orléans21 et dans laquelle elle dit au « pieux » monarque que sa guerre sera le triomphe de l’impiété, et fera reculer le christianisme d’un quart de siècle. Ma femme voulut porter elle-même son épître au prince royal campé à Versailles. Son brassard au bras, elle partit bravement à pied, puisqu’il n’y avait plus de voiture. Nous allâmes, Léon22 et moi, l’accompagner jusqu’à Louveciennes. Le temps est toujours d’une incomparable et désolante beauté. Le cœur s’attriste de cette insensible et ironique sérénité du soleil. Nous traversions le plus magnifique pays du monde mais partout des sentinelles, des patrouilles allemandes, des camps ennemis, des arbres abattus, des maisons ravagées, des forêts incendiées, l’image de la guerre, de la ruine, et de la mort flottante sur cet Éden. Nous quittâmes Eugénie aux arcades de Marly : elle continua seulette et courageuse à travers la haute plaine ; arrivée à la descente de Roquencourt, une sentinelle sortit de sa guérite et lui barra le passage en mettant son mousquet en travers. Elle eut beau montrer son brassard et sa croix rouge, le soldat fut inexorable et répondit toujours avec une inaltérable placidité : Naïn ! Naïn ! Force fut donc de s’en retourner la tête basse et le cœur triste de n’avoir pu remettre son épître au prince royal. Mais revenue aux arcades, une autre vedette qui l’avait laissée passer une heure auparavant, lui ferme le retour, de sorte que notre pieuse aventurière ne peut se rendre ni à Versailles ni à Saint-Germain. Cependant ce brave teuton comprit enfin qu’une chrétienne ne peut coucher, quoiqu’en temps de guerre, ni dans les bois ni dans l’aqueduc de Marly. Il la laissa donc revenir, et nous fûmes aussi surpris qu’enchantés de la voir rentrer le soir au presbytère de Saint-Germain lorsqu’elle devait passer la nuit chez nos amis de Versailles.

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